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COUP DE GUEULE...   ( article tiré des communications de l'Automobile Club Suisse  )

Diviser pour mieux régner !


Dimanche 15 avril 2007

 
On peut être démocrate et se réjouir que le peuple puisse s'exprimer sur des sujets qui le concernent quotidiennement. Cependant, il faut avoir un minimum d'éthique lors de la récolte de signatures pour une initiative populaire. En ce moment, les verts cherchent à diviser les automobilistes en créant une fixation sur les propriétaires de 4 x 4, alors que leur initiative vise en réalité tous les véhicules à moteur.

En effet, la presse et les médias ont déjà longuement parlé de l’initiative des jeunes verts connue sous le titre fallacieux d’ « Initiative anti 4 x 4 ». En réalité, le titre exact est « Initiative pour des véhicules plus respectueux de l’être humain », vaste et beau programme qui charmera sans doute plus d’un automobiliste convaincu, mais responsable. Il faut cependant se rendre à l'évidence, le texte législatif proposé ne fait jamais mention de « 4 x 4 » ou de « SUV », mais bien de « véhicules à moteur » en général.

L'automobiliste qui serait tenté de signer cette initiative doit savoir que son propre véhicule sera certainement concerné. En effet, la limite d'émission de 250 g de CO2 par kilomètre ne figure que dans les dispositions transitoires et le législateur aura tout loisir d'abaisser cette limite sans que cette nouvelle disposition légale soit soumise au référendum.
 
Or, ce que le texte de l'initiative ne dit pas, c'est que l'UE a d'ores et déjà fixé une limite maximale d'émission de CO2 à 120 g par kilomètre dès 2012. Cette limite sera atteinte grâce à l'amélioration de la technique des moteurs, mais aussi par la qualité des carburants et celle des pneumatiques. Connaissant le temps nécessaire pour légiférer dans notre pays, les nouveaux véhicules ne seront pas touchés par ces nouvelles dispositions, à moins que le Conseil fédéral décide de faire cavalier seul et abaisse encore une limite déjà difficile à atteindre.

Qu'en sera-t-il des véhicules anciens ? Leur sort est fixé dans les dispositions transitoires de la constitution fédérale. La vitesse maximale autorisée de ceux-ci serait limitée à 100 km/heure sur les autoroutes. On notera une fois encore le dogmatisme et la méconnaissance totale des règles essentielles de sécurité routière de la part des auteurs de l'initiative.
 
En effet, l'une des principales causes d'accidents est la différence de vitesse entre les différents types de véhicules qui nécessite de fréquents changements de piste. Ceci est déjà flagrant lorsque des camions circulent sur la file de droite (limitation à 80 km/h) et que des voitures les dépassent à 120 km/h.
 
Lorsque la circulation est dense, des bouchons se créent très rapidement et la vitesse chute, ce qui provoque des accidents en chaîne. En créant une troisième catégorie de véhicules dont la vitesse serait limitée à 100 km/h, les verts savent parfaitement qu'une telle disposition correspondrait dans les faits à une limitation générale de la vitesse à 100 km/h sur les autoroutes, en ignorant les conséquences en matière de sécurité routière.

 
Ne signez pas cette initiative trompeuse !
 

D'une part, elle est contraire à l'Accord bilatéral contre les obstacles techniques aux échanges, à la Convention de Vienne sur l'admission des véhicules dans la circulation internationale et, en tous les cas, contraire au principe du « Cassis de Dijon » (importation libre des produits européens en Suisse) défendu par la Conseillère fédérale Doris Leuthard.
 
Cependant, alors que toute importation d'une Maseratti ou d'une Ferrari (et de bien d'autres véhicules encore) serait totalement impossible, ceci ne serait pas valable pour les véhicules préalablement immatriculés à l'étranger qui pourraient être librement importés en Suisse.

D'autre part, elle ne tient pas compte des progrès techniques qui seront réalisés dans les 5 à 6 ans  qui vont s'écouler avant que le peuple puisse se prononcer. Comme annoncé, les normes européennes vont être renforcées d'une manière drastique.
 
Faut-il dès lors inclure dans notre charte fondamentale un texte qui sera déjà dépassé lors de sa mise en vigueur ? En réalité l'intention est différente, les auteurs de l'initiative veulent en premier lieu abaisser la vitesse de certains véhicules, ce qui réduirait la vitesse générale sur les autoroutes et créerait des risques d'accidents supplémentaires, avec pour corollaire de nouvelles mesures anti-bagnoles.

En participant à des débats contradictoires, j'ai pu constater l'intransigeance des milieux qui soutiennent cette initiative et leur manque d'esprit constructif. Les solutions existent pour diminuer les émissions de polluants, il faut cependant laisser le temps aux ingénieurs de mettre au point les techniques et surtout les chaînes de production industrielles. L'industrie automobile investit des milliards dans la recherche, les autorités politiques en sont conscientes.

Charles Friderici
Secrétaire général de l'ACS vaudoise